Comment
quantifier ? Est-il possible de quantifier ? Certains tentent de le
faire et nous serons vraisemblablement amenés à le faire.
Mais pour cela, il faut tenir compte d'énormément d'éléments.
Exemple
: une visite guidée de sensibilisation à la protection
des milieux humides. Le guide vient à vélo, génial.
Il a choisi des jumelles Kite qui évitent les métaux
lourds. Il porte sur lui des vêtements bio, ne mange pas de
nourriture pulvérisée ni de viande et a annoncé
son activité sur papier recyclé et sur Internet. C'est
quasiment un saint ce guide ! Son empreinte écologique à
lui est très réduite. Mais... combien de personnes seront
venues à son activité? En voiture ? Souvent seule dans
une voiture ! Il ne serait pas étonnant que 20 personnes aient
parcouru chacune 50 km (aller-retour). 1000 km de parcourus pour quoi
? Si personne par la suite ne diminue ses déplacements ou sa
consommation de viande pour ne citer que les comportements les plus
énergivores... l'activité de la visite guidée
est négative sur le plan du bilan écologique !
Mais
qui sait ? Si on compte que sans cette activité les participants
auraient à la place parcouru 100 km pour un concert de Johnny
Halliday, alors le bilan est positif. Comment savoir ?
Comment
calculer si nos voyages VEO sont positifs ou négatifs? En étudiant
le négatif, par exemple avion, autre véhicule, papier
recyclé, site Internet, téléphones, etc, et comparant
avec le positif immédiat comme la nourriture non ou peu carnée,
non ou peu pulvérisée, l'aide à la protection
des sites visités, etc... Le bilan est négatif. Aucun
doute. Vu de cette manière simpliste, le bilan de nos actions
n'est pas à notre avantage !
De
manière générale, les voyages naturalistes "classiques",
notamment ornithologiques, même avec la "touche" VEO
(en diminuant la pollution liée à la nourriture, déchets
plastiques, etc.) ont une empreinte écologique négative,
si elle est calculée à court terme.
Par
contre, si grâce au voyage une, deux ou trois personnes changent
leur comportement par rapport à leur mode de vie chez eux ?
Là, la réponse est moins évidente. Positif ?
Négatif ? Des dizaines d'arguments et contre-arguments existent,
mais aucune conclusion ne pourra être tirée à
ce stade. VEO réfléchit bien sûr à maîtriser
au mieux ce type d’information.
Il
y a toutefois une autre manière, à notre avis plus objective,
de présenter les choses.
Des
milliards de tonnes de CO2 sont rejetés dans l'atmosphère
puisque notre société est basée sur le pétrole.
Ce système est à changer, mais actuellement, c'est ainsi.
De ces milliards de tonnes, voitures, bateaux et avions se partagent
une bonne part des responsabilités. Il faut savoir que les
bateaux, puisque l'on transporte tout et n'importe quoi, utilisent
au total nettement plus de carburant que les avions ! Pensez-donc
d’où viennent les produits que l'on achète…
Il
faut aussi compter le gaspillage à la source. L'exploitation
du pétrole elle-même (notamment via les torchères
au moment du raffinage) brûle autant de carburant chaque année
que tous les avions de la planète réunis ! De tous ces
avions qui volent, pour parler de ce mode de transport souvent diabolisé,
le tourisme ne représente encore qu'une proportion non négligeable
mais pas une majorité. Il y a le fret, le business, etc...
Puis
il y a des choix politiques (exemple : il n'y a pas de TGV entre Madrid
et Barcelone alors que l'avion transporte annuellement 2.7 millions
de passagers entre ces deux villes).
Enfin,
le tourisme ornitho/naturaliste là-dedans, que représente-t-il
? Même pas 1% du tourisme mondial. Et VEO ou pas, ces quelques
centaines de milliers de personnes dans le monde qui voyagent pour
l'ornithologie continueront à voyager tant que c'est financièrement
possible.
Par
contre, si on utilise cette petite source d'énergie (temps,
argent, motivation) provenant des naturalistes qui souhaitent voyager
pour faire quelque chose de bien qui a vraiment un impact écologique?
Un impact sur le mode de vie ici, là-bas, sur le mode de voyage
et sur la protection des habitats ?
Actuellement
- et c'est dommage - la SEULE chance de survie pour une partie de
l'Amazonie, de la forêt congolaise, des grandes savanes d'Afrique
orientale et ses mammifères, ainsi que tous les grands habitats
de la planète, c'est le tourisme. Un tourisme qui existe et
se développe même ! Dans tourisme il y a tourisme de
masse, tourisme exclusif, tourisme de chasse... et maintenant VEO.
Alors
nous regardons ces gens voyager, polluer avec comme seul impact positif
d'amener un peu d'argent à ces zones protégées.
Soit nous nous joignons au mouvement, et montrons à tous ces
gens qu'au lieu de quelque 1% du prix de leur voyage soit consacré
à la protection de la nature, plus de 20% ou 30% peuvent y
aboutir ! Leur montrer que l'on peut vivre d'une manière à
améliorer les choses plutôt que les empirer, que l'on
peut apprendre aux gens sur place à faire ce travail ; ainsi
un jour ils pourront guider, montrer, protéger, sensibiliser...
sans avoir besoin de l'aide de l'Occident si dominant et colonisateur.
Analyser
de cette manière, nous pensons donc VEO a un impact très
largement plus positif que négatif. Cette approche de l'éco-tourisme
est non seulement positive, mais c'est, dans l'immédiat, la
seule chance de sauvegarder une nature authentique sur notre planète.
Que l'on soit bien clair : nous espérons sincèrement
qu'il y aura bientôt d'autres issues. Grâce à un
changement des mentalités au niveau mondial... auquel VEO participe.
Et
si tout cela coûte moins de 1% du carburant utilisé par
le tourisme, lui-même n'utilisant qu'une partie du carburant
utilisé par les transports aériens, eux-mêmes
n'utilisant qu'une minorité du carburant consommé dans
le monde... oui, l'investissement VEO en vaut la chandelle.