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Le récit du voyage en Bulgarie de février 2008

Le texte complet au format pdf, 668 Ko
Liste des espèces "Bulgarie 2008"

Des vidéos de ce voyage
La page de présentation officielle du voyage

 

Premier jour – 10/02/2008

Après avoir survolé un superbe lever de soleil sur les Alpes, nous avons atterri à Sofia. Valéry nous accueille et nous présente notre guide Siméon, notre chauffeur Bisser et notre premier oiseau bulgare, un Moineau domestique. C’est partiiiiii !!!

Nous partons donc vers notre premier dortoir, situé à Kavarna (au nord de Varna, le long de la mer Noire). Valéry donne le ton en établissant une « drink list » : chacun donne un oiseau qu’il désire voir pendant le voyage et celui qui aura la chance de voir « son » oiseau paye une tournée le soir même.

Emmanuel : Pic à dos blanc
Sabrina : Erismature à tête blanche
Claude : Harle piette
Pascal : Pic noir
Daniel : Goéland ichthyaète
Paulette : Bécassine sourde
Sophie : Aigle royal
Mimi : Faucon sacre
Patricia : Aigle impérial
Norbert : Tichodrome échelette
Valéry : Alouette nègre ou leucoptère
Siméon : Bernache cravant

Certains demandent ce qui se passe si on voit plusieurs exemplaires : doit-on payer plusieurs tournées ? ;o)

La sortie de Sofia me donne personnellement un coup au moral : quelle pauvreté et quelle saleté ! Siméon m’expliquera au soir que depuis l’entrée dans l’Union européenne, les prix ont grimpé en flèche ... mais pas les salaires !

Nous longeons ensuite la chaîne des Balkans, une neige fine saupoudre un paysage lunaire. Au cours de la soirée, la météo empire et Bisser nous conduit à travers une tempête de neige non soumise à la gravité : impressionnant ! Et dire que l’autre groupe n’a pas eu de neige... Nous arrivons à 22h15 sous les applaudissements à l’hôtel Venera.

Le soir, nous testons le repas à la bulgare : on commence à manger dès qu’on est servi, sans attendre les autres et dès qu’on a fini, l’hôtelier se précipite sur notre assiette pour la remplacer par une autre! Tout le monde mange donc plus ou moins désynchronisé mais le résultat est le même : tous gavés 

Deuxième jour – 11/02/2008

Il neige : voici la Bulgarie comme dans les films !

Du car, premier groupe de Bruants proyer et d’Alouettes des champs pour nous mais aussi pour Valéry : la vague de froid les rapatrie enfin vers la côte ... Tout bon pour nous, ça !

« A l’attaque !! » comme dirait Bisser, imitant Valéry lorsqu’il descend du car. Premier arrêt pour observer d’assez près des Oies rieuses : l’arrêt de la chasse depuis quinze jours et les conditions météo y sont pour quelque chose. Valéry repère tout d’abord un individu particulièrement noir qui s’avère être une Oie rieuse mélanique !  Ensuite, nous découvrons avec plaisir notre première Bernache à cou roux : superbe ! On la croirait sortie d’une estampe japonaise.

Valéry déniche également dans le paquet la seule qui a un cercle oculaire et un bec court ; malheureusement, seuls quelques chanceux verront la fameuse Oie naine (comme quoi, on peut être petite et fameuse !). En repartant, ceux à l’avant du car se consoleront avec une Buse pattue.

Direction la mer qui s’agite ... Nous observons un Pic syriaque qui se concentre pour coincer une noisette dans un creux pour pouvoir la manger. Savez-vous que le Pic syriaque a une histoire particulière avec notre Pic épeiche (en tout bien tout honneur) ? Ces deux espèces se sont récemment séparées, ce sont encore donc des allo-espèces et le Pic syriaque gagne du terrain sur le Pic épeiche ... mais uniquement en ville car il y est plus adapté. En Bulgarie, le Pic épeiche est donc dans les campagnes et le Pic syriaque, dans les villes !

Daniel attire notre attention sur trois Pélicans frisés qui passent à leur aise au-dessus de nous. Tout le monde a bien retenu qu’une envergure de pélican vaut deux Sophie.

Le restaurateur nous accueillant à midi va jusqu’à nous passer « Tombe la neige » d’Adamo ! C’est pile-plume de circonstance ... Valéry, soucieux de respecter au mieux les exigences VEO, demande à un Bulgare bourré d’arrêter de fumer dans le restaurant. Le message n’est pas vraiment bien passé car le Bulgare lui a gentiment tendu une cigarette. Valéry abandonne, il devait être vraiment bourré (le Bulgare, voyons, pas Valéry !)

L’après-midi, nous descendons entre des falaises de Kaliakra pour chercher le Tichodrome échelette et le Grand-Duc d’Europe : rien vu de tout ça. Par contre, un cormoran sauteur attire mon attention et Valéry m’explique qu’il s’agit du Cormoran huppé, qui effectivement saute avant de plonger (contrairement au Grand Cormoran). Une Mouette mélanocéphale se balade sur la plage, en nous montrant ses pattes et son bec foncés : il s’agit en effet d’un oiseau de premier hiver.

Plus loin, Claude nous trouve une Buse féroce posée : nous trouvons tous qu’elle n’a pas l’air si terrible que ça, avec son plumage particulièrement clair, assorti au roux de la falaise !

Le soir, le petit village de Tiercelieu s’endort ... et les loups-garous se réveillent ! On décide que Norbert a une tête de loup-garou : gagné ! Au repas, Claude savoure les deux minutes de silence de Pascal suite à un pari. Pascal tiendra le coup et Claude nous confie : « Vous m’avez donné une idée du paradis ! ».

Retour à la mer où un Grèbe à cou noir ne semble nullement perturbé par la hauteur des vagues. Pour nous, c’est limite le mal de mer à le regarder !

Troisième jour – 12/02/2008

Départ à 5h45 pour assister au lever des oies sur le lac Durankulak. De cinq à six mille oies et bernaches décollent en formant d’immenses et nombreux V dans le vent glacial qui balaye la plaine.

Nous sommes à moins de cinq kilomètres de la Roumanie quand nous avons la chance de repérer un bon millier d’oies et bernaches en train de se nourrir dans un champ. Penser que toute la population mondiale de Bernaches à cou roux hiverne dans cette région à cheval entre la Bulgarie et la Roumanie a quelque chose de fascinant. Mais ceci fragilise évidemment l’espèce qui a d’ailleurs déjà dû échanger son aire d’hivernage. En effet, voilà quelques décennies cette population hivernait en Azerbaïdjan.

L’Oie naine est quant à elle relativement menacée. La Finlande l’a protégée et pour éviter qu’elle soit prise pour cible dès le passage de la frontière, les Finlandais ont appris aux oies un autre chemin de migration ... grâce à un ULM !  En effet, une partie de la population finlandaise hiverne désormais en Hollande. Toutes les zones que nous visitons sont protégées mais malheureusement, sur le terrain, la loi n’est pas respectée, notamment à cause de la corruption. Neophron essaye de lancer des programmes de protection avec des résultats divers. Celui pour la Bernache à cou roux n’est pas une entière réussite même si les projets immobiliers ont systématiquement été contrés. Par contre, pour l’Aigle impérial, le programme de sensibilisation (qui implique notamment une vieille personne du village responsable de l’oiseau) a bien pris.

Un peu d’observation en mer nous permet de travailler les goélands. Nous nous débattons avec les pontiques et leucophées : le premier avec sa haute poitrine, son œil gentil et sa tête de charançon (appréciation tout-à-fait personnelle !) ; le second avec son arcade sourcilière plus marquée et sa silhouette bedonnante.

Certains ont la chance d’apercevoir le Grèbe esclavon au loin mais la hauteur des vagues nous le cache rapidement et définitivement. Nous nous rabattons sur des Harles huppés et ... une Loutre d’Europe (de rivière) ! Cette nageuse hors pair semble tout-à-fait à l’aise avec le violent ressac. C’est une surprise pour tous, surtout pour notre guide qui connaît bien l’espèce mais ne l’avait jamais vue en mer.

Visite ensuite d’une roselière où les spécialistes entendent la Panure à moustache. Nous avons l’occasion de nous familiariser avec les rapaces : Busards des roseaux et Saint-Martin, Buses variables ... La Foulque macroule se porte aussi bien que par chez nous : on n’est pas dépaysé !

Nous nous retrouvons à nouveau à la mer, séparée des roselières par une dune. Pour les premiers au sommet, la récompense d’un Goéland railleur en vol ; pour tous, le beau spectacle des Mouettes pygmées clignotant dans les rayons de soleil ... Hé oui, ça y est : le ciel bleu se montre tout doucement ! Est-ce lui qui a attiré le Goéland ichthyaète ? Malheureusement, celui-ci ne s’attarde pas et beaucoup d’entre-nous n’en verront que la grande envergure et les couvertures gris clair. Norbert décide d’aller se rafraîchir les pieds dans l’eau : un comportement pareil est louche ... Est-ce un loup-garou ?

Le soir : chic, le même repas qu’à midi ! Salade de concombre, tomates et feta et petite casserole en terre cuite avec un œuf poché et ... des tomates et de la feta. Valéry  demandera à Siméon de coordonner les menus dans les différents restaurants pour assurer la variété.

Les parties de loups-garous s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Certains loups oublient d’ouvrir les yeux (hein Mimi ?) tandis que d’autres se font repérer directement. Le patron de l’hôtel rigole bien, de nous voir tous les yeux fermés, en train de taper avec une main sur la table pendant que les loups agissent pour la toute première fois. Décidément, les ornithos sont givrés !

Quatrième jour – 13/02/2008

Arrêt à White Lagoon pour essayer de voir le Grand-Duc d’Europe. Une immense falaise se dresse de l’autre côté de la route et Valéry trouve Siméon bien optimiste ... Malgré tout, au bout de quelques minutes, Mimi et Manu ont pointé tous deux « quelque chose » à la longue-vue ... mais dans des directions fort différentes ! C’est finalement Mimi qui nous a trouvé la bête, Manu observant un caillou... On lui pardonne car il nous fait remarquer deux Grands Corbeaux en train de parader : ils montent à la verticale, tournoient et font des pirouettes.

Nous passons ensuite du temps dans une vaste prairie rase entourée de forêts. Alors qu’un Pic mar assurait la première partie du spectacle, la star fut assurément le Pygargue à queue blanche qui est passé d’un vol majestueux juste au-dessus de nous. Imaginez que ce rapace mange des oies ! Wouâw !!! Le Pic noir a quant à lui traversé rapidement la clairière mais ne s’est pas attardé lorsqu’il a vu « le zoulou des Andes » (dixit Pascal, en parlant de Valéry) qui l’appelait.

Dans le car, un drôle de bruit nous inquiète, une espèce de vrombissement sourd. On se retourne mais ce n’est rien, c’est notre loup-garou Norbert qui se rase pour aller au resto ! Mais avant, encore une petite halte pour aller observer au pas de course et dans le fond du champ une « Buse à grande gueule » (Buse variable à drôle de bec) et une Pie-grièche grise.

Début d’après-midi, nous longeons une vigne où de nombreux Bruants des roseaux tentent « d’apprendre à nager » : ils sont l’exception qui confirme la règle puisque leur vol rappelle celui d’un insectivore, hésitant, laborieux. Un Autour des palombes juvénile nous fait le plaisir de se poser sur une petite butte. Daniel, qui ne l’avait jamais vu, en avait les larmes aux yeux ... à moins que ce soit le froid ?

Nous arrivons à Burgas, notre seconde étape. Un petit tour avant de se poser à notre nouvel hôtel nous permet d’observer encore quelques canards et encore des foulques, aussi nombreuses que les concombres en Bulgarie.

Cinquième jour – 14/02/2008

Jour de la Saint-Valentin ... Siméon m’explique qu’en Bulgarie, la Saint-Valentin est d’abord la fête du vin : « on célèbre le vin et puis l’amour ! », me dit-il en riant. Les Bulgares ne sont pas très pudiques : beaucoup de publicités montrent des nénettes à moitié nues pour vanter l’une ou l’autre chose ; la plus hot que j’ai vue était une pub pour le tourisme de chasse (une fille en bikini en train de lécher un fusil). Et encore, l’Union européenne a mis un frein à cette pratique...

Autour du lac Vaya, Claude et Pascal voient enfin le Harle piette ... et même des dizaines de Harles piettes ! Très belle observation également d’un Pélican frisé, posé sur un bloc de béton émergé : on peut compter ses frisettes !

On s’exerce à distinguer les Cormorans pygmées des Grands Cormorans en vol : les plus petits battent plus vite des ailes. Valéry nous rappelle de regarder la vitesse du battement d’ailes pour évaluer la taille de l’oiseau.

Autour du lac Mandra, l’ambiance est assurée par la chorale « Les Cygnes chanteurs ». Siméon nous débusque le seul Fuligule nyroca dans un tas de morillons. En faisant le tour du lac, un arrêt « urgent » le long de la route pour une Mésange lugubre nous offre finalement un Grimpereau des bois.

De l’autre côté, Valéry nous repère des milouinans parmi des morillons et parmi ces milouinans, un hybride entre un Fuligule milouin et un Fuligule morillon qui complique le jeu en plongeant sans cesse ... Que de surprises !

Le dîner au Visitor’s Center de Poda sur la terrasse nous offre une vue dégagée sur un plan d’eau où paradent des Harles huppés et sur un pylône où se forment des couples de cormorans. Un Pélican frisé nous passe au-dessus avec la mandibule inférieure rouge vif : il est en nuptial. C’est décidément la Saint-Valentin aussi pour les oiseaux !

L’après-midi, on « goélande » ! Valéry essaye de nous piéger avec un soi-disant Goéland d’Arménie : bec à bout noir, manteau bien gris etc. Mais il s’agit en fait d’un leucophée sur le point d’acquérir son plumage adulte, une bonne preuve étant les rémiges primaires qui ne  sont pas encore tachées de blanc. Nous observons aussi une sous-espèce de notre Choucas des tours (C. m. soemmerringii), avec un capuchon gris plus clair, qui se balade parmi les goélands.

Sixième jour – 15/02/2008

La journée commence par un bel exercice : quatre rapaces posés dans le même arbre ! Nous avons ainsi pu comparer la Buse variable, la Buse féroce, l’Autour des palombes et l’Épervier d’Europe.

Dans une roselière au lac Atanasovsko, un couple de Panures à moustache se présente à nous dans une superbe lumière dorée. Certains la verront même tellement près que les jumelles étaient inutiles ! Mais ce n’est pas tout, le « vengeur masqué des roseaux » est venu jouer à cache-cache avec nous : la Rémiz penduline nous a bien donné du fil à retordre! Mais où serait le plaisir si tout était facile ? Par contre, la tonitruante Bouscarle de Cetti n’a pas résisté longtemps au « pschiipschiii » émis par Valéry. Nous la suivons dans sa recherche de petits insectes, elle monte, descend, disparaît un instant ... La revoilà ! Tiens, elle a bien changé ?! Plusieurs d’entre-nous se sont laissés prendre un instant : c’est le Troglodyte mignon qui vient de surgir des roseaux !
Plus loin, nous nous entraînons à évaluer le nombre impressionnant de Tadornes de Belon. Notre ami Pascal nous étonne en sous-estimant le nombre (pourtant, pour un Marseillais ...) tandis que Sabrina, habituée à taper trop bas, double son évaluation. Seule Patricia ne sera pas loin : il y en a 1.500.

Nous reprenons le car ... pour aller voir LE Goéland marin, le seul, l’unique de Bulgarie qui revient chaque année hiverner ! Un Pluvier argenté nous montre ses axillaires noires dans une bande de Bécasseaux variables. Nous nous entraînons à nouveau sur les goélands ...

Pendant que quelqu’un regarde dans ma longue-vue, j’observe un drôle de manège : une petite tête apparaît, regarde et disparaît aussi vite pour réapparaître quelques instants plus tard. Visiblement, le groupe gène cette petite belette ! On recule, elle se montre un peu plus ; encore un demi-mètre en retrait, elle s’enhardit sur le chemin, change d’avis, retourne à sa cachette pour enfin se lancer dans la traversée de la route ! Dernier arrêt pour essayer de voir le Pipit à gorge rousse mais nous rentrons bredouille.

Assurément, le gag du jour (si pas du voyage ?) sera assuré par Patricia : nous roulions vers l’hôtel quand tout d’un coup, on l’entend éclater de rire. Pascal nous explique avec sa gouaille habituelle « Ben je ne sais pas, elle me tripote !! Alors moi j’dis rien, c’est agréable !!! ». Patricia se ressaisit un peu et nous explique qu’elle croyait tripoter le siège avant de se rendre compte que c’était Pascal ! Je ne sais pas vous mais moi je trouve son explication nébuleuse ;o). D’ ailleurs, au soir, nous attrapons de nouveau un fou rire quand j’essaye de lui demander sérieusement « il faudra que tu m’expliques exactement où tu avais ton doigt, c’est pour le rapport ! ». Patricia me fait remarquer qu’il faut demander à Pascal, il le sait mieux que quiconque ! Moralité : « On ne met pas son doigt n’importe où » (dixit Patricia).

Septième jour – 16/02/2008

Journée forêt ! Mais pour y arriver, nous avons de la route ... Valéry en profite pour nous remercier de notre participation à ce voyage épeichette et nous présente le voyage touraco en Zambie. Après nous enchaînons avec les devinettes ... Nous étions en train de nous creuser les méninges quand soudain, notre car commence à déraper. Bisser essaye de rattraper le coup, c’était bien parti mais un choc à l’arrière nous envoie définitivement dans le fossé ! Pas de blessés et tout le monde fait contre mauvaise fortune bon cœur : nous partons explorer les environs, qui se cachent sous un grand manteau blanc. Une très belle observation de Grosbec casse-noyau nous permet de patienter, en attendant les secours. Un autre bus vient nous chercher et nous continuons notre route vers la montagne. A peine une heure de retard ! Fort de notre première expérience, certains sont assez impressionnés par la conduite du nouveau chauffeur, ce qui inspire les dialogues suivants :

- Sabrina « Je ne veux pas mourir aujourd’hui ! »
- Manu « Pourtant, c’est bien parti !!! « 
- Anonyme « Si on tombe dans le ravin, on mangera les morts pour survivre »
- Valéry « Ah non, les repas sont végétariens !! »

Nous voici arrivés sans encombre à la « Silkosia Reserve » : une immense forêt de hêtres à flanc de montagne, le tout recouvert d’une épaisse couche de neige ! C’est splendide ... mais pas pratique du tout pour faire pipi dans les fourrés ! Le Pic à dos blanc tant espéré par Manu restera invisible. Il fait d’ailleurs très très calme, seules quelques Sittelles torchepots et une Mésange boréale assurent l’animation. Au bord du chemin, un rhododendron endémique à feuillage persistant se laisse plus ou moins aisément photographier : les plantes, c’est quand même plus facile !

Ensuite, direction le village de Kosti pour trouver la Mésange lugubre : la chance nous sourit enfin! Dans un superbe paysage de collines enneigées, un petit chemin se transforme en un ruisseau temporaire avec la fonte de la neige... Peu importe, la Mésange lugubre est là, picorant à son aise sur le bas du talus ! Par contre, les pics s’obstinent à jouer les absents.

On va donc rentrer et rassurer Claude, qui était restée à l’hôtel et qui a dû voir arriver le car complètement vide ! Au soir, au vu du peu d’espèces observées ce jour-là, elle aura le culot de souligner que « quand elle n’est pas là, on batifole ! » :o)

Huitième et dernier jour – 17/02/2008

On lève le camp à 7h15 précise, direction le site des aigles.

Valéry profite du temps de route pour faire un bilan du voyage. Les hôtels n’étaient certes pas « Top VEO », loin de là, mais voyons-le autrement : c’est dans ce genre d’endroit que VEO peut agir et changer les choses, grâce à notre soutien ! Ce rôle éducatif nous semble très important. Quant à nos déplacements, rappelons que selon l’ONU, la différence d’énergie économisée en produisant un kg de végétaux plutôt qu’un kg de viande nous permet un déplacement de plus 100km en voiture. Notre gain en énergie, en mangeant végétarien toute la semaine, couvre ainsi nos déplacements. Une vraie « compensation carbone » ! Nous avons également et facilement fait l’économie de centaines de petites bouteilles d’eau en utilisant de grands fûts d’eau et des gourdes. Nous sommes contents de voir que Neophron suit le mouvement ! Pascal réagit sur le fait que Valéry ait demandé aux gens de ne pas fumer dans le resto lorsque nous étions présents, il trouve ça un peu limite mais Valéry lui rappelle que le minimum légal dans l’UE est une zone non-fumeur.

Nous arrivons sur le site des aigles : un vent extraordinaire souffle sur la steppe, nous repousse et nous soulève ... Encore quelques instants et on verra les aigles du dessus ! ;o). La poussière qui vole autour de nous empêche toute observation et puis, les aigles ne sont pas fous : par un vent pareil, ils ne volent pas ! Siméon adapte le programme et nous emmène sur un autre site clairement « à aigles » mais où seuls la Buse féroce, les Faucons crécerelle et pèlerin viendront planer...

Voilà : nous arrivons à Sofia, pour reprendre l’avion. L’aventure se termine, nous disons adieu à notre chauffeur et notre guide, encore un « Six qui prend » à l’aéroport pour passer le temps (Daniel nous surprend en ne prenant, une fois n’est pas coutume, aucune vache !) ... C’était décidément un voyage magnifique !